mercredi 18 janvier 2017

Un nouveau départ

( texte composé sur le thème 60, autour du mot tchin-tchin )


Bonjour,

Vous serez peut-être étonné(e) de recevoir cette lettre car vous ne me connaissez pas. Moi, c’est simplement pour avoir lu un de vos textes. C’est une histoire un peu bizarre, je le reconnais et je vais m’expliquer.

Je cherchais un texte publié dans la Mognoterie qui, pour des raisons trop longues à expliquer, puisse m’inspirer. Je décide tout simplement et sans aucune originalité d’ouvrir le thème n° 1 - autour du mot « départ » - et, en première page, apparaît Tribulations nocturnes de C. Didier. Publié le 9 septembre 2011. Cela ne date donc pas d’hier ! Vous savez sans doute comme moi que, bien souvent, nous oublions assez vite ce que nous avons écrit, pour passer à autre chose… Je rappelle donc la situation en quelques mots...

Votre héroïne, vraisemblablement assez jeune, passe dans sa chambre une nuit épouvantable. En pleine détresse, elle rumine, éprouve un fort malaise physique, pleure, pense très fortement au suicide et en envisage même les modalités. Il y a là une détresse existentielle renforcée par le sentiment d’être abandonnée par ses parents accablés par le départ de son frère, abandonnée aussi par ses amies qui ne la comprennent plus. C’est tout juste si, à cinq heures du matin, elle arrive à la conclusion qu’il ne lui reste plus qu’une seule chose possible : « Vivre comme elle peut, mais vivre pour elle ».

J’ai trouvé ce texte émouvant et avec tous les accents de la vérité. Que va devenir cette jeune fille ? On voudrait bien le savoir. La seule issue de mon côté était de l’imaginer. J’ai donc essayé d’écrire la courte « suite » que voici...

***

Elle se réveilla aux cris aigus des martinets qui se rapprochaient de la fenêtre pour s’en éloigner, puis y revenir. En chemise de nuit et pieds nus elle se dirigea dans la semi-obscurité de sa chambre vers la cuisine. Poussant la porte, elle fut éblouie par le soleil entrant à flot. Craintive, elle porta les doigts à ses tempes mais l’affreux mal de tête avait maintenant disparu.

Une bonne odeur de pain grillé qui flottait dans l’air vint à point lui rappeler qu’elle avait été incapable d’avaler une bouchée la veille au soir.

Sur la table de la cuisine, un billet de sa mère :

Ma chérie
J’espère que tu as bien pu récupérer.
Un gentil message de ton frère sur l’ordinateur. Tout va bien.
Ton amie Diana est passée te voir. Pas voulu te réveiller. Demande que tu l’appelles.
Je rentre à midi. Ne t’inquiète pas pour le repas. Bisous.

Elle prit une grande inspiration et s’assit à la table. Le labrador de la famille posa son museau sur son genou et lui dédia un regard énamouré. Elle lui caressa cette place très douce en haut du museau, entre les yeux.

Les pensées terrifiantes qui l’avaient assaillies tout au long de la nuit s’étaient maintenant effilochées.

C’est à petites gorgées qu’elle but son grand verre de jus d’orange. Jamais il ne lui avait paru apporter autant de pureté et de fraîcheur.

Elle commençait à revivre.

***

J’espère que vous ne m’en voudrez pas trop d’avoir ainsi confisqué votre personnage. Peut-être auriez vous imaginé une suite bien différente… Mais n’est ce pas le destin des personnages que de nous échapper et même de vivre leur vie ?

Tout le mois de janvier est bon pour les vœux. Alors, choquons nos verres… de jus d’orange : Tchin-tchin !

GP

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