samedi 11 juin 2016

A la recherche du livre perdu

( texte composé sur le thème 54, autour du mot maillot )

Je ne sais pas comment commencer. Comment ça pourrait…

Mais je sèche, l’inspiration me manque tout à coup. C’est troublant ce trou noir dans lequel mes idées se sont englouties. C’est la panne, c’est l’angoisse surtout car habituellement j’écris aussi vite que mon ombre. Tous les soirs je dois livrer la suite de mon feuilleton pour « l’Espoir Béarnais ». C’est le journal local, vous l’aurez compris…

Et là rien. Panique. Nous en sommes au 278ème épisode.

J’ai laissé précédemment mon héros Jo Cambrasse au moment où il débaroule hors d’haleine sur la plage et regarde l’horizon. Mais maintenant que fait-il ? Ma tête est vide comme une casserole défoncée… C’est peut-être quelqu’un qui m’a siphonné les idées ? Et si c’était cet envieux d’Auguste Simonet qui à l’autre bout de la brasserie écrit à vive allure sans lever le coude ? Non ! Je déconne… Même si je sais qu’il guette ma place à « l’Espoir Béarnais ». Mais je divague. Tiens on voit brusquement une tête dans l’eau. Jo est suffisamment près du bord pour reconnaître une jeune fille. Il se demande ce qu’elle fabrique, ça fait une paie qu’elle est dans l’eau. Peut-être a-t-elle perdu son maillot et n’ose pas sortir de l’eau ? Mais non, j’arrête, je crois que je suis en train de pomper les idées d’Italo CALVINO… C’était quoi déjà ce bouquin de CALVINO ? Je cherche, il n’est pas à sa place avec les autres livres de CALVINO. Alors là c’est sûr quelqu’un me l’a volé, mais qui ? A moins de l'avoir perdu ?


Tu débloques ou quoi Fredo ? Tu étais tellement enthousiasmé par ce bouquin que tu nous as bassinés, tu voulais que tout le monde le lise ! Tu l’as prêté à au moins dix personnes, j’ai été le dernier, j’en suis sûr.

Nous étions sur un banc sur le Boulevard des Pyrénées à Pau, la chaîne des montagnes se détachait, magnifique en face de nous. Le soleil était radieux en ce mois de février, nous étions bien, heureux. Une jeune béarnaise passa alors devant nous, tu l’apostrophas lui proposant ce livre. Tu lui fis même une belle dédicace sur ce bouquin qui n’a été ni volé, ni perdu. Elle s’appelait Danièle, je m’en souviens très bien.

C’est sûr Fredo… Ta mémoire flanche, ce n’est pas bon signe !


Victor Matu, Danièle BL

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