lundi 18 janvier 2016

Vénus dans votre signe

( texte composé sur le thème 50, autour du mot pied )

Je sais bien qu’il ne faut pas prendre au pied de la lettre tout ce qu’on lit dans l’horoscope du jour mais, pour cette fois, j’étais comblée :

"Savourez la présence de Vénus dans votre signe. Grâce à son charme et à son magnétisme, votre séduction est intense, votre humeur légère et votre quotidien joyeux."

Le moment était venu pour moi de faire un pied de nez à la morosité, de repartir du bon pied et, pourquoi pas, trouver chaussure à mon pied…

D’abord, je décide d’aller aujourd’hui à pied au bureau, plutôt que de me faire peloter dans le métro ou, quelquefois pire, m’y faire marcher sur les pieds. Comme exercice matinal, il paraît que c’est excellent de marcher et surtout de marcher d’un bon pied.
Seulement, je n’avais pas prévu les ondées et je ne suis vraiment pas équipée de pied en cap pour braver la pluie. Très peu pour moi de sauter les flaques à pieds joints. Me voici donc les pieds tout mouillés.

Au bureau, Muriel et Félicie sont déjà là, faisant le pied de grue devant la machine à café qui semble, une fois encore, être en dérangement. On se fait la bise. Arrive ensuite Sylvie qui fait l’élégante avec son petit tailleur pied-de-poule. Elle nous casse les pieds avec les problèmes qu’elle a avec son  "ex". Soi-disant qu’il ferait des pieds et des mains pour la revoir. Elle se plaint, nous dit qu’elle perd pied. Celle-là, on pourrait bien lui dire : "Bien fait pour tes pieds !"
Chaque fois que je la vois, ça me met en boule.

Il faut se décider maintenant à se mettre au travail. La chef n’est pas de bonne humeur. Elle a dû se lever du pied gauche et commence à crier. Elle est d’origine pied-noir et l’on dit que ces gens sont très soupe au lait. Elle m’accuse de lever le pied alors que, pour ainsi dire, je ne reste jamais les deux pieds dans le même sabot. Il y a même des jours où je travaille vraiment d’arrache-pied. Tout juste si elle ne me dit pas que je travaille comme un pied. Vraiment, celle-là, elle me foule aux pieds. Si bien que je ne sais plus sur quel pied danser et que répondre comme ça, au pied levé. C’est sûr, il faudrait que moi-même je l’attaque de pied ferme, que je me batte pied à pied, mais ce n’est pas dans mon caractère. Je ne peux quand même pas être tout le temps sur le pied de guerre. Résultat : je me trouve encore une fois face à elle pieds et poings liés.

A la pause de l’après-midi et pour me détendre un peu, je descends jusque devant l’immeuble pour fumer une cigarette. La semaine dernière j’avais eu ici un contact intéressant avec un technicien du bureau d’études, venu lui aussi en griller une. Ça me plairait bien de le revoir ce grand brun. Pas de veine, je ne trouve dehors que deux espèces de pieds nickelés, bêtes comme leurs pieds.

Ce qui est sûr, c’est que pour l’horoscope je vais changer de magazine. Les prévisions de celui-là, ce n’est vraiment pas le pied…

GP
 

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