vendredi 6 novembre 2015

Espion où es-tu ?

( texte composé sur le thème 48, autour du mot drone )

 L’averse avait redoublé de violence à l’arrivée de la jeune femme sur le parking.

Elle regarda sa montre et se rendit compte qu’elle avait une petite avance pour se refaire un semblant présentable pour cette réunion. Ce n’était pas n’importe quel parking ni n’importe quelle réunion, colloque important à la Maison Blanche réunissant les présidents de nombreux pays.

Et elle, sans nom, sans renom, l’humble des humbles, devait tenir le vestiaire, accrochant sur des patères la couverture vestimentaire de ces grands hommes d’états. Elle avait été choisie pour son CV, pour son look passe-partout, son sourire et surtout pour son master en langues. Malgré son air effacé, elle parlait six langues, étant fille de militaire son éducation en découlait.

Mais pour l’instant, c’était de la pluie battante que son sort dépendait. Elle leva les yeux sur ce ciel sans couleur et elle aperçut un drone. Intriguée elle suivit l’engin minuscule se déplaçant bizarrement. Puis, inquiète, elle se souvint des mises en garde contre les espions en tous genres.

– Je ne suis pas la seule à voir ça, pensa-t-elle, dois-je avertir quelqu’un, mais qui ? Les gardes plus loin ont aussi levé les yeux. Se sentant instruite de la sauvegarde de cette réunion, elle courut en direction de l'entrée, prête à collaborer le cas échéant. Mais, à peine parvenue aux abords, un coup violent la coucha au sol.

Surprise, elle se remit sur ses jambes et deux mains lui prirent le cou, anéantissant tout appel au secours.

– Chut ! souffla une voix, viens avec moi ! 

Et toujours la tenant par le cou on l’enferma dans… un vestiaire.

– Écoute petite, dit la voix en anglais, je suis 007. Ou tu m’aides ou je te fais taire. Il en va de l’avenir du monde, il y a un espion dangereux là-haut. Le but : tu vas mettre dans la poche du président Untel un appareil révélateur, ton rôle est très important, dame vestiaire insoupçonnable…

– Je rêve, pensa-t-elle, c’est vraiment James Bond. Je veux bien aider mon prochain, mais comment reconnaître le président ripoux.

Moitié réalité, moitié fiction, la jeune fille ne savait plus quoi faire, se croyant dans un de ces films à sensation. Sa réflexion ne dura pas, un tampon appliqué sur le nez la fit chanceler, elle se roula en boule et sombra dans un bref sommeil de plomb.


Philomène

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