mardi 15 octobre 2013

Le recueil de poésies

( texte composé sur le thème 24, autour du mot égaré )

John est un journaliste mondialement reconnu pour ses articles politiques, publiés en plusieurs langues à travers le monde. Maintes fois, il a été récompensé pour la pertinence de ses travaux. A l’université, des bourses étaient déjà venues soutenir ses réalisations prometteuses. Aujourd’hui, âgé d’à peine trente ans, il publie un premier roman accueilli avec succès par la critique. De nombreuses maisons d’édition étrangères, s’arrachent les droits pour la traduction.

Malgré son talent et son engagement, c’est un homme plutôt réservé. Il sort très peu, on ne lui connaît pas de petite amie, et l’argent gagné ne l’intéresse pas. Seule l’écriture semble l’animer. Les quelques amis qu’on lui connaît, réputés ou pas, se passionnent tous pour cette activité périlleuse. Les sujets politiques ne l’intéressent que parce qu’ils lui amènent une matière première. Sur le fond, gauche ou droite, il se moque bien du programme des élus. C’est probablement ce détachement qui lui vaut la réputation d’une totale objectivité.

John noircit des pages depuis l’âge de dix ans. D’ateliers d’écriture en concours de poésies, il chemine avec sa plume. À l’adolescence cette activité lui sert de refuge ; aujourd’hui encore, après la production de ses articles, il rédige des textes pour le plaisir et les travaille jusqu'à les ciseler. C’est ainsi, au cours de longues nuits qu’est né son roman.

John se souvient du recueil de poésies composées à l’époque du lycée. Il ne l’avait montré qu’à Lucie dont il était amoureux ; elle avait trouvé ces vers admirables. Presque dix ans ont passé et, de déménagement en mutation, il a égaré ce carnet. John se demande ce que valent réellement ces poèmes. Lucie amoureuse en aura probablement exagéré la valeur. Lui, n’a conservé que le souvenir de la réaction de sa petite amie, et les faveurs qu’elle lui a accordées ensuite. Après le bac, chacun a suivi sa route ; il n’a plus revu Lucie. Pourtant il ne l’a jamais oubliée.

"Le cahier rouge, dans lequel il avait tenu son journal intime et livré ses pensées les plus secrètes, n'avait aucune valeur marchande ; il aurait cependant donné toute sa fortune pour le retrouver."

Richard Peucelle

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