vendredi 27 septembre 2013

Monologue

( texte composé sur le thème 24, autour du mot égaré )


Le décor représente une chambre : lit étroit, posters colorés aux murs, bureau surchargé de papiers. L’ensemble est très encombré, très en désordre.

Julien, en proie à une grande agitation, marche de long en large.
Hélène, attirée par ce remue-ménage, apparaît sur le pas de la porte.


JULIEN

Ça, c’est un comble. Tu as fouillé dans mes affaires. Pourtant, tu sais que je déteste ça. Pas moyen ici de conserver ne serait-ce qu’une petite parcelle d’intimité. J’ai l’impression d’être continuellement surveillé, oui, fliqué même. Qu’est-ce que tu crois ? Qu’est- ce que tu cherches ? Tu t’attendais peut-être à trouver, je ne sais pas moi … de la drogue ? Du fric piqué dans la caisse de l’entreprise où j’ai fait mon stage ? Des magazines pornos ?

Non. Je sais ce que tu cherchais et que tu as trouvé. Tu m’as surpris l’autre jour, le dos tourné, en train d’écrire sur un certain cahier que j’ai bêtement refermé lorsque je me suis aperçu de ta présence. Tu as pu voir que ce cahier avait une couverture rouge et depuis, tu n’as pas dû avoir de répit avant d’avoir mis la main dessus. Fouillant dans mon désordre. Oui, je sais : tu penses qu’une mère peut tout se permettre, peut tout savoir. Il y a quand même des limites. Et moi, est-ce que je fouille dans vos affaires ?

Ce cahier, je l’ai cherché partout : pas possible de l’avoir simplement égaré. Ah, tu as dû bien rire : « Voilà maintenant que Julien tient un journal intime ! Oui, comme une petite jeune fille… » Je te vois bien l’emportant dans ta chambre et le lisant sur ton lit. Tu t’es régalée : «  Voyons voir les petits secrets de Julien ! » Et bien oui, j’ai des secrets et même pour toi. Mais maintenant je n’en ai plus. Tu as tout bousillé…

Ce cahier, je veux le récupérer. Tu sais pourquoi ? Pour le foutre en l’air, pour le brûler même. Maintenant, je garderai tout pour moi, je n’écrirai plus une ligne. Allez ! Rends-le moi !


HÉLÈNE

Écoute-moi, Julien et regarde dans ce coin, là, ce qui dépasse un peu de dessous le tapis. Ce n’est pas ton fameux cahier à la couverture rouge ? Tu as dû changer de cachette, petit écureuil … et ne plus t’en souvenir.

Quant à moi, sois bien sûr que je n’ai rien lu de tout ça.

Et pourtant, ce que tu viens de dire maintenant m’en donnerait presque l’envie…


GP

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