mardi 30 avril 2013

Reine de beauté

( texte composé sur le thème 20, autour du mot poisson )

– Ha, ha ha...! Tu croyais me décréter définitivement has-been et me ridiculiser !

– Mais absolument pas. Aujourd'hui 1er avril, la farce, le gag, la ruse bon enfant et même le travestissement parrainent cette journée, détends-toi, je te sens crispée du bulbe...

– Crisp... Non ! Toi, tu me dis ça. Toi que je n'arrive pas à enchanter avec les répétitions de mon spectacle pour la nouvelle couronne, au point de traverser chaque jour la moitié du bois pour un avis de nos cousins qui eux, oui, jugent ma prestation avec un regard neuf et bienveillant !

– Les cousins Poisson, parlons-en... Belle indulgence et crainte de décevoir la famille. Un enjeu affectif ne sacra jamais Empereur et encore moins ne pérennisa son règne.

– Mais où trouves-tu ces formules à la mords-moi la brindille, toutes aussi alambiquées que ton esprit ? C'est moi l'artiste de la famille, moi qui reçus le titre de Miss Salamandre le printemps dernier ! Et sur un périmètre de 100 hectares, encore bien ! Hein, qu'en dis-tu, petite, toute petite sœur ?

– J'en dis que tu radotes, grande et mégalo sister ! Je comprends bien que tu souhaites conserver ce titre pour le concours du canton mais regarde-toi : combien de cicatrices de doigts ou pieds perdus pour trop d'imprudence sur les murs tapissés de tessons des bipèdes craintifs et agressifs que tu peines de plus en plus à fuir ? Ça repousse, mais à nos âges... Et cette queue dont tu t'enorgueillis, avec raison puisque tu gagnas devant une jeunette grâce à cet appendice bichonné quotidiennement, cette flèche flashy diminue après chaque raccourcissement, conviens-en.

– Et tu crois que m'affubler de ce ridicule serpentin multicolore trouvé chez les singes debout me donne de l'éclat ?

– De l'éclat, sans doute pas, mais de la fantaisie, oui. Tu ne risques rien, pour le panache, à oser la différence. Admets caduc le lustre de ta beauté amphibienne car jamais Reine des Ruisseaux et de la Rocaille n'enjamba plusieurs étés.

– Mouais, bon, on verra...

Danyel Borner
 

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