dimanche 10 mars 2013

Ghandice Mac Garan

( texte composé sur le thème 19, autour du mot gare )

Ghandice Mac Garan est née à Bergame, Lombardie, Italie le 4 mars 2066 et elle est morte à Buenos Aires, Argentine le 4 novembre 2166. Ses vingt-et-une premières années italiennes l'ont vue grandir entre la ville et la campagne dans un environnement ennuyeux, ringard néanmoins très cultivé mais d'où elle s'échappe régulièrement sans égard. Elle est issue d'une famille indo-australienne installée à Pilat-Plage, commune de La Teste-de-Buche, Gironde, France de 2087 à 2097. Durant ces dix ans, elle exerce le métier de "Peintre animalier" après avoir suivi des études scientifiques, spécialité logarithme et cologarithme. Jusqu'à cette période, ses parents et les familles finissent par s'habituer à ces passages d'un univers à l'autre tellement allumés voire vulgaires pour eux. Cela semble tout à fait naturel pour Ghandice si curieuse de tout.

Aussi, à force de regarder l'océan Atlantique qui bigarre ses toiles de lumière, elle finit par embarquer à bord du paquebot Garden Garlic en tant qu'Infirmière en chef et conclut un accord avec la bagarreuse Capitaine pour occuper ses heures de présence non travaillées à l'écriture d'une biographie se rapportant à la vie des bigarreaux, mais en réalité Ghandice écrit des romans de gare, sous le pseudonyme de Gabioré.

Ses voyages durent quinze ans et l'année 2111 voit venir un grand jour : l'aventurière Mademoiselle Mac Garan se marie. Elle épouse un riche marchand de cigares et propriétaire de terres pour la sauvegarde des territoires, au Cap, Afrique du Sud.

Les romans de gare de "Gabioré" ne sont pas édités sous forme de livres mais vendus comme scenarii de séries télévisées. Au début, cela l'a garrotté et elle a refusé pendant des mois et des mois. Devant l'insistance avant-gardiste du diffuseur, Ghandice Mac Garan accepte sous condition de participation aux dialogues. Une des séries les plus regardées s'intitule Zingaro.

Pendant ce temps, son époux Sir Edgar Ligarbovitch fouille toute une contrée au Cap-Nord afin de retrouver de vieilles souches de garance et de gardénia qui résistent encore, bien cachées, aux abords du fleuve Orange. L'année d'après, son mari né aussi en 2066 trouve la mort en 2121, lors d'une algarade avec des loups-garous, au cours d'un safari ornithologique sur les pygargues.

Sa tristesse hagarde est longue et lourde… Un ami Médecin de Villeneuve-la-Garenne venu la réconforter lui prescrit des gargarismes hebdomadaires pour éliminer son aigreur survenue.

Suite à l'héritage dégarni de liquidités mais pas de biens, Ghandice décide, non sans regret ni gargouillis à l'estomac, de se "garer" entre Buenos Aires et Gary, Indiana, Etats-Unis. C'est en 2126 qu'elle prend en deuxième noce la bulgare Garance Saint-Bégarmote. "Gabioré" devient Maîtresse de garnison à Gary et oligarque à Buenos Aires, ce qui lui garantit une retraite mouvementée, dangereuse et digne d'un garnement en goguette. Ses deux fils conçus avec Sir Edgar Ligarbovitch l'ont toujours suivi tels des anges-gardiens. Gargantua et Agar-Agar font fructifier la fortune de leur mère jusqu'à plus loin que leur propre mort…

Madame Ghandice Saint-Bégarmote meurt à l'aérogare de Buenos Aires un jour de printemps dans les bras d'un figaro égaré.

Murielle E.

Aucun commentaire: