samedi 9 février 2013

Nos nuits

( texte composé sur le thème 18, autour du mot nuit )

Il est arrivé quelque chose… La nuit est tombée, chue ; ne s'est pas relevée, ni même réveillée. D'un profond sommeil, s'est endormie la nuit. Son encre s'est épuisée au rythme d'une lueur décroissant sous la lune. Les étoiles disparues, ne restait plus qu'elle, abandonnée du jour. Pleine nuit, longue nuit, ta polaire s'en est allée jusqu'en Arctique où les fuseaux descendent encore l'Antarctique. Ils sont malheureux de ne plus te voir au grand jour, illuminée par les Conseils et enchantée par les gris miaulements. Blanche, éveille-toi, reviens à la terre comme la vie revient à la mort. Si tu ne te lèves pas, Nuit, que va devenir l'univers et son trou noir ? Sais-tu qu'ils en rêvent des cauchemars d'adieu sans fin, sans sommeil ? Ils errent d'hôtel en hôtel, cherchant le moyen de te remettre debout. Les respirations se font de plus en plus rares : le grand paon est tombé, le vol de la chauve-souris est tombé, le chuintement de la chouette est tombé, le ululement du hibou est tombé, le chant du rossignol de minuit est tombé, le brame du cerf est tombé. Même l'Américaine a réservé tout le motel pour une durée indéterminée. Cela ne se peut pas que, toi, Ô Nuit, tu ne sois que chaos, béance ou noir total ? Reviens à nous, retiens nos crépuscules et nos aurores sans quoi nous serons dans le noir ébène pour la nuit des temps. Nous implorons tes heures sombres où le plus beau s'avérait, où l'amour s'amusait, où les sens s'apaisaient. Dis-moi, douce Nuit que tu ne tomberas plus jamais !

Murielle E.
 

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