mercredi 29 août 2012

Odysséeus

( texte composé sur le thème 12, autour du mot voyage )

C’est un voyage extraordinaire, dans un pays étrange et fantastique mais hostile. Sillonné par des chemins semés d’embûches où la survie elle- même est aléatoire. Chaque détour peut découvrir une nouvelle menace, chaque silhouette qui se profile dans la brume épaisse est un danger. Dans un ciel tourmenté des ombres menaçantes passent comme de funestes présages.

Tout est magnifique mais redoutable car tout ce qui est vivant est à craindre.

La lagune y règne en maître. Elle est changeante et imprévisible, une sorte de marée la recouvre et la découvre au gré de phénomènes inconnus. On y marche sur un terrain souvent souple et moelleux mais qui peut soudain être recouvert par une eau traîtresse, saumâtre et agressive. L’air lui-même est à la mesure du paysage, des bruits et des hurlements terrifiants se font entendre et l’on n’en connaît pas l’origine ni la signification.

C’est un pays où les hommes n’ont pas leur place. Bien que réel c’est un pays imaginaire. Il est réel parce qu’on a des preuves de son existence, et imaginaire parce que l’imagination est le seul moyen de le visiter.

C’est un pays qui a existé il y a cent cinquante millions d’années à une époque où la terre n’était qu’un seul continent. Des traces de pas laissées par un animal géant permettent de s’en faire une idée. Des traces de près de deux mètres de diamètre. L’animal faisait douze mètres de haut, quarante mètres de long et pesait soixante-dix tonnes. Il s’agit d’un sauropode herbivore de la famille des dinosaures dont on retrouve la trace sur une distance de cent cinquante mètres. Ses empreintes imprimées dans la boue à la période jurassique ont été fossilisées et sont maintenant dures comme le granit.

C’est dans le Jura à proximité d’un paisible petit village qui s’appelle Plagne et en voyant cette piste que j’ai fait par la pensée le voyage au pays des dinosaures. Un pays qu’on a du mal à imaginer, bien antérieur à notre anthropocène et si loin dans le temps que l’esprit humain s’y égare, faute de repères.

Notal

Aucun commentaire: