vendredi 24 août 2012

Le chat

( texte composé sur le thème 12, autour du mot voyage )

Il est tôt ce matin et les rues du camping sont encore désertes. Dans le petit chalet tout le monde dort encore. Pour ne réveiller personne j’ai décidé d’aller faire ma toilette aux sanitaires communs.

Tous les matins je vois les gens en pyjama qui entrent et sortent du bâtiment où ils vont faire leurs ablutions en famille. Mais ce matin ça n’est pas encore l’heure. Je serai tranquille pour encore un bon moment.

Malgré les températures caniculaires de ces derniers jours, il fait encore frais et je n’ai qu’un pyjama léger, mais il n’y a que quelques mètres à faire pour rejoindre le bâtiment.

A l’intérieur il y a deux cabines de douches et quelques lavabos alignés sur la droite en entrant.

La douche est agencée, comme toujours dans ce genre d’établissement, avec un panneau qui délimite l’espace douche proprement dit, et un petit coin assez réduit où l’on peut poser ses affaires. Un petit portemanteau et une planchette qui sert de siège complètent l’équipement de l’endroit. Pour ma part je n’ai qu’un pyjama-short et avec ma trousse de toilette il y a suffisamment de place pour moi.

Mes ablutions terminées je me prépare à me rhabiller, quand je m’aperçois que mon short est tombé du portemanteau où il était accroché et baigne dans l’eau de la douche qui dépasse largement la zone qui lui est attribuée et sort sous la porte.

Ma veste est assez ample, sans boutons, et croisée devant avec une ceinture, elle fera bien l’affaire le temps de rincer un peu le bout de tissu qui me sert de short.

Je sors de la douche et commence à rincer mon vêtement dans le lavabo quand une jeune fille entre dans le local. C’est une jeune allemande avec qui j’ai échangé quelques mots la veille. Nous avons fait connaissance grâce à un chat errant à qui j’avais donné à manger et il avait été le sujet qui nous avait rapproché. Je ne parle pas un mot d’allemand, mais la minijupe qu’elle portait alors m’avait incité à faire des efforts de conversation. Il faut dire que la minijupe en question ne pouvait pas être davantage mini sous peine d’être réduite à néant. Elle laissait voir des jambes longues et fuselées qu’il aurait été dommage de cacher. J’étais pris soudain d’un grand intérêt pour les chats. Accroupis tous les deux à caresser celui qui nous occupait nous essayions de parler de ses problèmes, et j’avais bien du mal pour ma part à concentrer mon attention sur ce brave matou, qui d’ailleurs était peut-être une chatte.

Quand elle est entrée, elle m’a dit bonjour et j’ai vu qu’elle avait regardé ce que je lavais. Au sourire coquin qu’elle a eu je me suis rendu compte qu’elle avait compris de quoi il s’agissait. Mon pyjama est de couleur violette, avec de petites fleurs, et il n’y avait pas de doute que ce que j’avais en main était le complément de la veste que je portais. Et que, par conséquent, il n’y avait rien d’autre sous la dite veste.

Un type est entré, grand, maigre, barbu avec des cheveux longs. Une tête de Jésus-Christ, il a posé ses affaires de toilette dans le lavabo, et ma jeune allemande a dû se rapprocher de moi. Elle a ouvert la bouche en arrondissant les lèvres et elle a soufflé comme pour soulever ma veste de pyjama.

On s’est regardé, avec dans les yeux quelque chose qui pouvait remplacer les mots.

Je l’ai prise par la main et je l’ai entraînée dans la douche. Le grand sec a dû croire qu’on était ensemble, il n’a pas bougé, rien dit.

J’ai poussé le bouton de la douche et nous avons joué au jeu du tee-shirt mouillé, puis nous nous sommes arraché nos vêtements, ses seins m’ont bondi au visage, nos jambes et nos bras se sont emmêlés, nous nous sommes étreints, avalés, nos mains ont cherché les endroits du plaisir, le dur s’est accordé avec le doux, nos bouches se sont unies, puis nos corps ont laissé s’écouler la rivière du désir vers des zones plus calmes. Le grand type dehors a toussé, nous l’avons entendu sortir.

Il a fallu se quitter. A chacun son voyage.

Merci le chat.

Erwan Azaide

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