mardi 10 juillet 2012

Mes p'tits goyaves

( texte composé sur le thème 12, autour du mot voyage )

 
Mes petits voyages
à moi

sont
au-dessus des toits...

ceux que je fais en sautant la passerelle,
en regardant partir Il Vaporetto,
où les oiseaux crient le soir

quand je rejoins quelqu'une,
un amant,
un amoureux,
un qui n'est pas.

« Sunny Day
Kiss my skin
and I'm thinking of you... »

où la lumière rouge n'existe pas,
où ma respiration respire,
au creux du ventre
d'une rose rouge échouée
décomposée
à même le bitume
nettoyé par l'orage tempétueux de la nuit ébauchée.

Ils s'appellent tous « voyage »,
de quelque pesanteur à quelque gravité,
de quelques vagues à quelques battements d'ailes.

Mes voyages voyagent au début du monde
à chaque trace,
à chaque pas,
ils m'enlacent
me délassent
ne me lassent
jamais ;
y compris celui de l'intellect,
le sans limite
à l'intérieur
celui qui ne se partage pas ;
là, où
tout est possible
où les entraves sont hors d'atteinte
où la friche est incommensurablement généreuse.

C'est la permanence du voyage
sa billetterie
en open space
sans vent contraire
sans déferlement ;

il s'abandonne
pour mieux se donner
recevoir les alizés
voguer à l'aventure
et se remémorer sans cesse la rencontre.

Mon voyage n'est pas le vôtre
tout au plus
une escale commune
en entre-deux
où les oiseaux se signalent de leur vol altier
léger comme une plume
aux quatre coins du monde
sur la rive des pannes
en bord de roselière,
à travers les mares
ces oiseaux toujours repêchés,
parfois morts
intoxiqués par les marées noires
embourbés par les tsunamis
crevés par les migrations.

Il m'en souvient de ces voyages
au goût de plantain
aux odeurs de mousson
aux airs de rien
qui n'en finissent pas de me surprendre
émerveillée comme un enfant
dont l'impatience s'attendrit.

Dites-moi Nouméa
« quelle heure est-il chez vous ? »

Murielle E.

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