lundi 12 décembre 2011

Yasmine in the wind

( texte composé sur le thème 4, autour du verbe souffler )

Virevoltant, un carré de soie multicolore aux fragrances orientales se pose un bref instant sur le cou ployé d'un réverbère puis décolle à nouveau en course irrégulière au gré d'un vent de bourrasque. Envol parfois gracieux porté par le courant puis torche de feu luisante coulant dans un trou d'air, planeur léger au moindre souffle, complexes arabesques, drapeau de féminité aux hampes subreptices, bosquets d'arbres accueillants, visite aux écureuils.

Panaches roux énamourés, couples galopants de branches en branches, sont bien étonnés de ce cadeau ! Prudemment, museau en éclaireur, ouh que c'est violent !
– On connaît cette odeur, non ?
– Oui, mais c'est pas le printemps !

Soubresauts, vaguelettes et bulles d'une vie éolienne aux mille bouches, soyeux souvenir déjà qui repart, légèreté capiteuse. Échappée fluide de quelle nuque ?
Les arbres se font plus rares mais plus réguliers, alignements de quais roussis par l'effeuillaison, déjà des demi-squelettes en contre-jour dramatique. Le soir vient tôt, presque sans prévenir quand le gris brumise. Aujourd'hui le temps s'étire. Nuages chassés par rafales, le blanc s'est fait halo violent et le soleil se paie une toile. Multicouche de bleu indigo, gris de Payne et champagne, une paupière d'aube fendue pour un iris au rai platine puis or, puis sang. Quelques gouttes persistent... Black out.

La soie frétille encore, quelque part, on ne la voit plus mais elle vogue. Au dessus de l'eau, frôlement des mouettes, surtout ne pas se noyer, voyager encore, propager encore ce parfum à tire-d'aile, ce parfum d'elle qui m'attira.

Danyel Borner

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