vendredi 30 décembre 2011

NOIR c'est NOIR

( texte composé sur le thème 5, autour du mot surprise )

En dégustant son p'tit noir-papillotes au "k-fé" social, elle a croqué dans l'écriture virtuose et diabolique d'un grand prix d'humour noir déposé là par quelque altruiste.
Dehors, la neige emmitoufle les toits et les gens, décembre s'apprête à festoyer!
Cette année aurait pu lui être fatale. Deux doigts... de plus... de moins... Allez savoir et pschitt...


Après un détour au-dessus des quais engloutis par le flux de la Saône, elle flâne dans les allées parfumées d'un grand magasin où furtivement elle s'est vaporisée d'une fragrance de "baiser volé".

Voilà, ça ce serait inattendu qu'on lui vole un baiser!

Pendant que les sapins s'enguirlandent, frigorifiée mais odorante comme un frangipanier, la grande fille aux allumettes traverse la place miroitante et s'abrite dans une librairie passagère.
Pressée de lire un deuxième roman de P.G., elle plonge dans le rayon littérature française entre J. Garcin et P. Gauthier et s'agenouille devant quatre des seize romans inventoriés par différents éditeurs.
Après les avoir compulsés trop rapidement, elle les repose sur l'étagère, ankylosée et dépitée de ne pas avoir trouvé "Flux". En colère aussi contre les rangements inappropriés qui contraignent séniors et sénioritas à des contorsions qui risquent de les courber à la vie, à la mort .


Pendant cette phase de lecture concentrée, elle a conscience, derrière elle, du va et vient d'une ombre.
Alors qu'elle rétablit son équilibre, la présence noire et chapeautée tombe à genoux, à son tour, entre ses pieds et l'espace restreint désigné aux quatre livres de P.G.
Le sans-gêne l'exaspère un peu mais très vite la scène lui paraît drolatique! Qui est ce grand type couché à ses pieds, barbu et grisonnant, avec son chapeau de gentleman, qui lui tend le plus joli des bouquets de livres?

– Il faut absolument que vous lisiez cet écrivain, tous ses livres sont excellents !

– Je cherche "Flux", il n'est pas ici !

Immanquablement, il va prononcer la phrase qui risque de tout gâcher, mais il se relève fiérot et souriant :

– Je les ai tous chez moi !

Ils rient ensemble, l'un et l'autre connaissent la chanson !

– Vous seriez d'accord pour un p'tit noir au bar lounge de la Tour Rose ? propose-t-il d'un sourire enjôleur.

Sûrement l'effet baiser volé !

Alors qu'il sort, il explique : les éditions Z. qui..., les titres qu'il a dégottés..., les pages de couverture créées par..., la vie de P.G. qui est toute une aventure...
Miles, Woody... Aidez moi !
Pascal Garnier l'entend fredonner l'amour sans philosopher, c'est comme le café...Couleur... café... moi j'aime ta couleur, café. Ne vous déplaise Serge!

Des idées noires et des souvenirs cruels s'imposent alors à P.G., par surprise...


... Des gyrophares scintillent en bas de l'hôtel quatre étoiles. Les pupilles de P.G. s'étrécissent, son sourire s'est depuis longtemps crispé sur ses mâchoires de matois érudit.

Cette chanson, non... là, elle n'aurait pas dû... Et puis, tellement fascinée par mes romans !

Elhuan
 

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