jeudi 24 novembre 2011

Nuages d'orage

( texte composé sur le thème 4, autour du verbe souffler )

Hier soir je suis monté sur la colline en face de chez moi. Une journée maussade se terminait, les nuages qui avaient occupé le ciel tout au long du jour commençaient à se désagréger. Boule incandescente enflammant de couleurs chatoyantes la montagne qui barrait l’horizon, le soleil arrivait au bout de sa course quotidienne. Ses puissants rayons coloraient de rouge la base des nuages sur toute l’étendue de la voûte céleste. Puis lentement, comme avalé, digéré par la terre, il a disparu derrière la montagne. Le rouge qui prédominait s’est dilué, estompé, puis une palette de bleu allant du plus clair jusqu’au presque noir, lentement, l’a remplacé.

Je me suis retourné et j’ai vu la ville. Masse allongée d’immeubles, tapie au bas de la colline elle était silencieuse, comme endormie, et semblait avoir été posée là par la main gigantesque d’un géant qui l’aurait oubliée comme une chose sans importance. D’énormes masses nuageuses bourgeonnaient au-dessus d’elle, développant leurs formes cotonneuses en tous sens, s’étirant, se disloquant pour se reformer à nouveau, comme un colosse qui fait gonfler ses muscles pour montrer sa force.

Indifférente à ce qui se passait sur sa tête la ville avait changé de couleur, le rose qui prédominait tout à l’heure sur ses façades avait disparu ; le béton avait repris ses droits. Derrière les petits carrés noirs des fenêtres se cachait la vie des hommes, avec ses joies, ses peines et ses petits tracas quotidiens. Mais vu de mon promontoire, tout cela paraissait vain, dérisoire et sans importance.

L’immensité du ciel nous ramène toujours à notre misérable condition d’homme et nous pose des questions. Qu’est-ce qui se cache derrière les nuages ? Quels mondes fantastiques abrite l’univers ? Là, à portée de main, en tirant ce gros cumulus, que pourrait-on découvrir ? Les premiers hommes il y a des milliers d’années ont eu droit à ce même spectacle. Rien n’a changé, et ils ont dû se poser les mêmes questions. Toujours sans réponses.

Je n’ai pas senti le petit air tiède qui soufflait les dernières lueurs du jour. Perdu dans mes pensées je me suis rendu compte soudain que la nuit était complètement tombée. Je suis rentré avec du vague à l’âme. Je me suis couché et tout de suite endormi. J’ai fait un rêve étrange peuplé de signes mystérieux. J’étais dépositaire d’un grand secret et tout le monde me questionnait pour savoir. Mais savoir quoi ?

À la première occasion je remonterai sur la colline, voir le soleil, les nuages et le ciel, et peut-être trouver ce que je cherche.

Notal

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