vendredi 4 novembre 2011

L'Avenue du Château

( texte composé sur le thème 4, autour du verbe souffler )

Se promener dans l'Avenue du Château a toujours été pour les habitants de Saint-Denis Maisoncelles une escapade aussi agréable que digestive, quels que soient la saison et le temps qu'il y fait.

En ce moment les bordures de l'avenue, reverdies par les pluies de la fin de l'été, sont jonchées de feuilles multicolores qui atterrissent langoureusement sur le sol en tourbillonnant. Les ensilages sont terminés, les pommes ramassées, le cidre dans le tonneau, avec certes un mois d'avance cette année. Les labours vont bon train sur cette terre généreuse et bien noire. Le blé d'hiver va très vite lever en toute sérénité et recouvrir la terre. Les pommiers quant à eux vont pouvoir se reposer. Entre les branches qui se dénudent apparaissent des champs à perte de vue sur le village voisin. Signe des temps modernes, des maisons neuves ont poussé, disséminées ça et là dans la verdure. Parfois un geai nerveux s'envole en criant, prévenant par là-même les mésanges et les troglodytes d'une présence dérangeante. Quelques voitures nous doublent ou bien nous croisent, ralentissant toujours et s'arrêtant parfois, le temps pour leurs occupants de nous saluer, de commenter l'actualité locale et la météo du jour.

Nous laissons sur la gauche la route qui descend au Pont de la Vallée où coule le Roucamp. Un ancien mur de pierres borde la route tout du long pour la délimiter du parc du château.

Alors que nous approchons justement du château, les talus deviennent plus imposants, l'avenue se resserre et les bâtiments de la ferme apparaissent sur la droite. Face à nous, les barrières sont grandes ouvertes, ainsi que la porte d'entrée, comme une invitation à y pénétrer. Le jardin a été redessiné  par un paysagiste et un jet d'eau installé dans le milieu. La maison de l'intendant jouxte le château sur son aile gauche. Je m'imagine alors contourner l'allée à droite, filer vers l'Orangerie protégée par sa verrière, admirer la clairière et la dorure des arbres en cette dernière journée d'octobre et, enfin, apercevoir peut-être quelques chevreuils au loin, se saoulant d'herbe fraîche sous le soleil brillant.

Il souffle dans ce lieu insolite au passé grandiloquent de la famille d'André un parfum étrange de mixité anglo-normande : le châtelain actuel est américain, son épouse anglaise et le château, lui, est à vendre. 

Martine Duchemin

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