mercredi 26 octobre 2011

Les bijoux

( texte composé sur le thème 3, autour du mot médaillon )

                         Mon cher Charles,

Comme sans doute beaucoup d’hommes, j’ai offert à mon amie un bijou pour preuve de mon amour. Mais ce médaillon est peu de chose à côté de ce poème que vous semblez avoir écrit pour nous. Qu’y a-t-il en effet de plus beau que les mots quand ils s’accordent aux sentiments ?

          La très chère était nue, et, connaissant mon cœur,
          Elle n’avait gardé que ses bijoux sonores,
          Dont le riche attirail lui donnait l’air vainqueur
          Qu’ont dans leurs jours heureux les esclaves des Mores.

Au milieu d’autres bijoux qui le mettent en valeur, il étincelle de mille feux.

          Quand il jette en dansant son bruit vif et moqueur,
          Ce monde rayonnant de métal et de pierre
          Me ravit en extase, et j’aime à la fureur
          Les choses où le son se mêle à la lumière.

Ce bijou, ce médaillon est maintenant tout pour nous, il est le symbole de notre amour.

          Elle était donc couchée et se laissait aimer,
          Et du haut du divan elle souriait d’aise
          À mon amour profond et doux comme la mer
          Qui vers elle montait comme vers sa falaise.

Mon amie adore ce bijou qui avec l’aide du poème lui donne des idées. Elle en joue sur son corps nu pour m’aguicher et me séduire.

          Les yeux fixés sur moi, comme un tigre dompté,
          D’un air vague et rêveur elle essayait des poses,
          Et la candeur unie à la lubricité
          Donnait un charme neuf à ses métamorphoses ;

C’est comme une étoile au front d’une danseuse lascive, que l’on admire et convoite.

          Et son bras et sa jambe, et sa cuisse et ses reins,
          Polis comme de l’huile, onduleux comme un cygne,
          Passaient devant mes yeux clairvoyants et sereins ;
          Et son ventre et ses seins, ces grappes de ma vigne,

Alors je sens monter en moi des désirs insoupçonnés. Une attirance presque douloureuse.

          S’avançaient, plus câlins que les Anges du mal,
          Pour troubler le repos où mon âme était mise,
          Et pour la déranger du rocher de cristal
          Où, calme et solitaire, elle s’était assise...

Quand la nuit sera venue, un peu grâce à vous, devant la cheminée, sur la moquette accueillante et moelleuse je pourrais m’emparer de son corps chaud et doux et le faire mien.

          ... Et la lampe s’étant résignée à mourir,
          Comme le foyer seul illuminait la chambre,
          Chaque fois qu’il poussait un flamboyant soupir,
          Il inondait de sang cette peau couleur d’ambre !

Merci Monsieur Baudelaire !

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Erwan Azaide

1 commentaire:

Danyel a dit…

Quoi de neuf ? Baudelaire...!
Merci Erwan pour cette piqûre de rappel !