mardi 13 septembre 2011

L'heure ?

( texte composé sur le thème 2, autour du mot aiguille )

J’ai un petit réveil sur ma table de nuit. Il n’est vraiment pas gros. La taille d’une petite pomme à peu près. Les aiguilles sont si petites que je ne vois pas la différence entre la grosse et la petite. Si bien que quand je me réveille la nuit je ne sais pas s’il est minuit et demie ou six heures, ou s’il est deux heures vingt-cinq ou cinq heures dix. Ça n’a pas d’importance. Quel est l’intérêt de savoir l’heure qu’il est en plein milieu de la nuit ? Alors bien sûr, d’aucuns vont penser que ce réveil ne sert à rien. Je pourrais leur répondre par une autre question : à quoi ça sert de servir à quelque chose ? Parce que moi, je l’aime bien mon petit réveil. Il a sa petite vie intérieure, il sait faire bouger ses aiguilles, et tous les ans je lui change sa pile… Pour qu’il puisse continuer son petit bonhomme de chemin.

L’autre jour, il s’est mis à faire tic-tac. Au beau milieu de la nuit, au moment où le silence est épais, presque palpable. Ce n’est pas la première fois que je me réveille la nuit, ce serait même le contraire qui serait surprenant. Je ne l’avais jamais entendu. Je me demandais ce que c’était que ce bruit incongru : tic-tac, tic-tac, tic-tac. Bien sûr, c’est un bruit caractéristique et il n’y a pas lieu de s’étonner qu’un réveil fasse tic-tac. Mais quand même ! Tout d’un coup comme ça, sans prévenir, alors qu’on ne s’y attend pas. Ça a de quoi surprendre. Je me suis demandé un moment si, tel Jeanne d’Arc, je n’entendais pas des voix. Mais non, c’était bien un tic-tac de réveil. Il n’y en a pas d’autre dans la pièce. Alors je l’ai regardé, lui, mon petit réveil. Il était comme d’habitude : calme, serein, imperturbable, avec ses petites aiguilles légèrement lumineuses. Il avait l’air de me défier alors que je le regardais avec des yeux ensommeillés et un peu ébahis. Ça a duré un bon moment, jusqu’à ce que je m’épuise à le regarder et que je passe à autre chose, ou que je me rendorme.


Ce matin il est toujours là ; mais silencieux. J’ai l’impression qu’il me nargue un peu, il a l’air de me dire : « Je fais ce que je veux, quand je veux. »


On ne peut pas lui en tenir rigueur.

Notal

1 commentaire:

Danyel a dit…

je ne peux que souscrire, qu'il tictaque, sonne ou fredonne à cet hommage si bien rendu au déclencheur ponctuel de rêves entre deux éveils différés...