jeudi 29 septembre 2011

Le remonteur de pendules

( texte composé sur le thème 2, autour du mot aiguille )

Je l’ai toujours vue pendue à ce cou de reine par une chaîne au maillage serré. Elle passait dans l’anneau surmontant le remontoir, venait se nicher entre ses seins où elle trouvait la chaleur de la vie, et comme le battement d’un cœur second. Petite boîte douce en forme d’oignon, surmontée de minuscules boutons qui demandaient des doigts agiles et qui commandaient l’ouverture d’un couvercle ouvragé. Des fleurs stylisées, gravées dans le métal, des entrelacs, invitaient à la rêverie des doigts…

A l’intérieur, un second couvercle, lisse comme un miroir, protégeait les rouages : roues dentées, minuscule balancier, pivot de rubis, mouvements surtout. Entre les deux couvercles, une miniature, un portrait, dont je n’ai jamais possédé la clé.

Le cadran d’émail blanc était percé de deux aiguilles, deux flèches pointues, dards mordants des heures, dont le compas tantôt ouvrait des plages lentes et tantôt se refermait avec la précision des ciseaux des Parques. Union… Désunion… tapaient les aiguilles…

J’aimais écouter ces cœurs, j’aimais ajouter la chaîne de mes bras à ce cou fragile, tenir cet instant d’illusion, arrêter le temps.

MC2

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